Doulimoubiche

Le blog des cheeky girls

Flexi quoi ? Flexitarisme !

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Ou comment j’ai réduit ma consommation de viande… Jusqu’à devenir végétarienne ! Non non ne fuyez pas !! C’est l’histoire d’une nana comme les autres, élevée aux repas traditionnels et fan de bonne cuisine…

Il est temps de tordre le cou aux idées reçues :

Les individus décidant de limiter la viande dans leur alimentation ou d’être végétariens ne sont :

  • ni des bisounours décérébrés qui pensent juste que « les animaux c’est trop mignon »,
  • ni des hippies marginaux en carence alimentaire,
  • ni des revendicateurs agressifs tentant par tous les moyens de rallier les autres à leur cause.

Bien au contraire, j’ai découvert que le monde végétarien était bien plus tolérant, plus doux et en meilleure santé que le monde des « carnivores invétérés » (qui pour le coup est particulièrement vindicatif quand il s’agit de débattre et de « défendre » son bout de bifteck 😉 ).

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Vous êtes toujours là ? Ok, on continue.

Le flexitarisme est une tendance croissante qui consiste à limiter sa consommation de viande, en s’assurant de favoriser la qualité. On entend par là l’achat de produits provenant d’élevages éthiquement respectables, qui garantissent de surcroît une excellence gustative. En gros, manger moins et manger mieux.

Un peu de vocabulaire :

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Personne ne peut aller à l’encontre de cette démarche pleine de bon sens. Evidemment, j’entends d’ici toutes les voix s’élevant pour prononcer la phrase argumentative universelle : « oui mais pour moi un repas sans viande ce n’est pas un vrai repas ! ». On peut citer aussi « j’ai faim après si je ne mange pas de viande » ou encore « c’est même pas la peine d’envisager un plat sans viande, c’est fade ». Je conçois. Je respecte même (parce que je respecte les gens en général). Mais on constate ici encore que nous sommes victimes de notre éducation et de nos traditions (qui n’ont, avouons le, pas toujours que du bon, l’histoire et la science l’ont prouvé à maintes reprises).

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Pourquoi diminuer la viande de mon assiette ?

  • Commençons par citer une raison peu glorieuse mais néanmoins à prendre en compte dans la conjoncture actuelle : l’aspect financier ! C’est le premier facteur qui m’a fait diminuer la viande. Etudiante, je n’en achetais pour ainsi dire jamais, me rattrapant lors de festins familiaux ou de sorties au restaurant (ou de soirées kébabs ouais ouais!). Je me limitais à la tranche de jambon salutaire ou, lors de période d’abondance, à une petite escalope de dinde préparée ensuite à la crème (oui je suis normande) avec des champignons, des oignons et un peu de moutarde à l’ancienne… ok je m’emballe. Bref !

C’est entré dans mes habitudes ; pas (ou peu) de viande à la maison, ni sur ma liste de courses. Peu à peu, la tranche de jambon sous vide a disparu de mon alimentation (avec l’âge on fuit la médiocrité alimentaire), et j’ai vite préféré acheter pour le même budget de bons légumes savoureux (et des muffins de Franprix, mon péché mignon de l’époque) plutôt que de la viande basique. Notons qu’en plus, la cuisson de la viande empeste les studios étudiants (je suis sensible aux odeurs, et ça a joué, je vous assure).

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  • La santé : chronologiquement, la santé a été mon deuxième point motivant. Ce n’est plus à prouver, une consommation excessive de viande est mauvaise pour la santé. On en mange trop depuis des générations, c’est culturel. La viande est vite devenue le centre du repas autour duquel tout le reste s’organise (accompagnements, vin…). Elle est associée à la bonne chaire. Parce que jadis nos ancêtres en manquaient, on dirait que notre société d’abondance a décidé d’en consommer plus que de raison.

Maladies cardiovasculaires, obésité, cancer,… La consommation excessive de viande augmente les risques de graves problèmes de santé et au quotidien provoque des désagréments comme des désordres digestifs. Limiter mon apport de viande m’a permis de constater concrètement que de multiples petits symptômes à priori sans aucun lien disparaissaient durant mes périodes végétariennes, comme les problèmes dermatologiques. Faire le test est un bon moyen de prendre conscience que la viande est difficile à digérer et demande beaucoup d’énergie à l’organisme, au détriment d’autres fonctions. Manger de la viande, ça ballonne, et ça fatigue !

Un couple d’amis m’a appris l’expression « meatmare » qui me fait beaucoup rire (il faut voir Steph le dire en grimaçant ^^) : les cauchemars de viande. Nous avons tous fait l’expérience de nuits terribles après un dîner trop copieux : maux de ventre, parfois nausées, sommeil agité, cauchemars… Croyez moi, je dîne régulièrement à outrance, en arrosant le tout de vin et terminant par un dessert superflu, eh bien les nuits qui suivent n’ont rien à voir avec ces tortures qui heureusement font partie du passé. Voilà pourquoi pour commencer tranquillement, mieux vaut dîner sans viande, quitte à en manger le midi.

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L’homme serait herbivore, nous sommes des cueilleurs :

  • La planète et le monde : pour peu que l’écologie ou simplement l’avenir des générations futures nous intéresse, on ne peut pas négliger l’impact de la consommation de viande animale sur notre environnement. Pollution de l’eau, gaspillage, effet de serre (les fameux gaz des vaches mais aussi toute la logistique de transport associée), déforestation… L’élevage et la pêche ont des conséquences dramatiques ! L’élevage occupe de plus 70% des terres à usage agricole de notre planète, détournant ainsi des ressources nécessaire à l’alimentation humaine et conduisant à la famine intolérable que nous connaissons… Et à laquelle nous participons.

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Comprendre les conséquences de la consommation de viande excessive dans le monde, petite vidéo suisse que j’aime beaucoup :

  • La souffrance animale : Comment ai-je pu ignorer l’ignominie cautionnée par tous ? Simplement parce qu’on nous apprend à ne pas nous en offusquer ; c’est normal, ils sont élevés pour être mangés. Pourtant je me souviens qu’enfant, la simple vision des poissons sortis de l’eau frétillants sur le pont du bateau à la télévision me glaçait le sang : je trouvais ça barbare. En grandissant, tout s’est banalisé. On entre dans le moule, dans le système de pensée (ou plutôt de « non pensée » !) que la société nous a amoureusement préparé.

Nous consommons une telle quantité de viande que les animaux en sont les victimes innocentes et silencieuses : conditions d’élevage, transport, torture, mutilation, séparation, abattage,… On m’a dit il y a peu une phrase tellement vraie : « nous vivons dans une société trop moderne pour continuer à manger les animaux« . Nous agissons comme des sauvages, et nous n’avons plus l’excuse des hommes des cavernes qui devaient tuer pour se nourrir et pour survivre (d’ailleurs ils consommaient le fruit de leurs chasse et pêche ponctuellement, se nourrissant au quotidien de plantes, fruits, légumes et graines). Mon amie Aurélie dit à raison que lorsqu’on commence à s’intéresser à une cause, on ouvre la boîte de Pandore… Eh bien ce qui se trouve à l’intérieur n’est pas très réjouissant. Et dans le fond, on le sait… pour preuve, l’expression « c’est une vraie boucherie »(…).

L’association L214 dénonce les maltraitances subies par les animaux et milite entre autre pour la dignité animale. Leur site vaut le détour, parce-qu’il permet de comprendre, et qu’il propose aussi de superbes images ; on ne prend pas profondément conscience des choses en regardant des vidéos ignobles, mais en ayant le cœur touché par la beauté de la nature et des relations humains-animaux.

Par exemple, saviez-vous qu’une poule faisait des câlins ? ^^

  • Le spécisme : c’est la décision arbitraire de juger qu’une espèce a plus ou moins de valeur qu’une autre. En l’occurrence, faire une différence entre notre chien et notre chat d’un côté, qui auront une vie confortable et feront partie de la famille, et un cochon et un agneau de l’autre (qu’importe leur vie, leur souffrance, on ne les aime pas à part dans notre assiette). Ils valent moins ? Ces animaux ont pourtant beaucoup de choses en commun (avec nous aussi d’ailleurs). Et puis les poissons n’en parlons pas, de toutes façons ils ne savent pas crier 😉 Le bien-être et le ressenti de certains nous importent tandis que d’autres nous indiffèrent, nous choisissons donc que ceux-là peuvent être maltraités sans vergogne. Comment a-t-on décidé cela ? Peut-on imaginer nos animaux de compagnie vivre dans des conditions d’élevage et finir à l’abattoir ?

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Attention petit gif un peu frontal 

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L’humain pratique honteusement le spécisme puisqu’il s’estime supérieur aux autres animaux. Cela a concerné (et concerne toujours) les espèces humaines entre elles ; on sait qu’au cours de l’histoire certains ont été considérés inférieurs (c’est encore le cas). Et on sait aussi que lutter contre le spécisme, c’est évoluer. Aymeric Caron fait parler de lui avec son livre Antispéciste. C’est tellement plaisant qu’un homme cultivé (il est journaliste) ayant de la prestance et du crédit s’exprime sur le sujet, et s’engage sérieusement. Ses arguments sont simples et efficaces. L’anti-spécisme fait réfléchir sur notre rapport à la vie et ouvre sur un nouvel horizon de valeurs.

Au quotidien

De flexitarienne (et satisfaite de l’être) je suis passée naturellement à végétarienne (ou plutôt pesco-végétarienne actuellement). Le végétalisme n’est pas dans mes projets pour le moment, mais j’apprécie de tester régulièrement des produits surprenants (comme des pâtisseries sans oeuf ni beurre ni lait animal !).

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Au final, j’ai l’impression d’avoir tout de même des tendances végétaliennes sans pour autant surveiller scrupuleusement ce que je mange et consomme (le lait est banni de mon frigo depuis des années, allergène et mal digéré par nos estomacs humains, il est également source de souffrance animale).

Petite information sur le lait de vache, ou pourquoi penser que « c’est un don de la nature, elle a besoin d’être traite, on lui rend service » est une grave erreur. De quoi éclaircir certaines discussions 😉

Le goût de la viande ne me manque absolument pas. J’en ai été la première surprise. Au départ, j’ai eu quelques fringales consternantes : des envies de nuggets ! C’est quelque peu étonnant pour une amatrice de produits de qualité ! Et pourtant… La preuve que tout se passe dans la tête, et pour avoir fait l’expérience du jeûne (dont je parlerai dans un futur article), j’ai compris que c’était le mental qui contrôlait tout. Notre corps n’a pas BESOIN de viande. Mais notre cerveau en a envie, par goût et par habitude.

J’ai commencé par éliminer le porc, c’est une viande qui ne m’a jamais vraiment branchée, exception faite du jambon sec. Ensuite, c’est l’agneau qui a vite déguerpi de mon assiette : goût trop fort, et puis bon… ça reste un bébé quoi ! Idem pour le veau, puis les grands bœufs ont suivi, la vue des viandes saignantes suscitant un recul nouveau. Très vite, je n’ai consommé que de la viande blanche (parce qu’entre autre, « les poules c’est stupides », spécisme en force !). Elle aussi a petit à petit fuit ma table, et désormais je mange pourtant bien plus diversifié qu’avant !

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Parce que les protéines végétales sont mieux assimilées que les protéines animales, et parce qu’on trouve du fer partout, seule la vitamine B12 est à apporter aux végétariens en complément d’un régime alimentaire varié (j’ai trouvé mon superaliment avec la spiruline qui en contient et que j’utilise à toutes les sauces).

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Au quotidien, ce n’est franchement pas difficile. Mes habitudes de cuisine ayant changé progressivement, je n’ai jamais de problème pour préparer un repas. Ce peut être très gourmand un plat végétarien !

Lors d’invitations, j’avais tendance au début à manger quand même ce qu’on me proposait (allez, je suis flexitarienne, ça passe…) mais maintenant je ne souhaite plus me forcer pour faire bonne figure. Il ne s’agit pas de lancer un débat gênant à table mais simplement de refuser poliment le morceau de viande que l’on me propose. Je me rattrape sur le reste, et ça me suffit bien ! Je me sens forte d’avoir des principes qui ne vont à l’encontre de personne et de me donner très simplement les moyens de les tenir. En tout cela sans tomber dans l’extrémisme, c’est important pour moi.

Evidemment, je ne suis jamais à l’abris de petites réflexions type « ah oui t’es devenue chiante quoi ». Mais constatant concrètement qu’au contraire, je n’ennuie personne, cela ne dure pas (les protagonistes sont d’ailleurs vite gênés de s’être montré fermés d’emblée).

Mes proches sont plutôt bienveillants. Certains y trouvent même l’occasion de consommer différemment et de découvrir des saveurs, le temps d’un repas ou plus.

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Le manque de tolérance est le fléau de notre société, alors pourquoi stigmatiser et juger les végétariens ? Par méconnaissance et peur de la différence, les esprits manquant d’ouverture deviennent irrespectueux. Soyons tolérants, nous sommes tous différents, avec nos propres idées et nos valeurs. Je ne vous demande pas d’abandonner votre steak, suivez mon pacifisme et il y aura plus de saucisson pour les autres convives 😉

 

Qui sont les végétariens ?

Les enfants sont spontanés et finalement les premiers végétariens. Je me souviens avoir voulu arrêter de manger des animaux quand j’étais petite. Ca ne se faisait pas, les parents craignaient les carences alimentaires.

Il convient de souligner l’hypocrisie généralisée qu’on ne remarque même plus tant elle est entrée dans les mœurs. On offre des peluches animaux aux enfants, ce sont leurs doudoux câlins, leurs complices, leurs amis. Les héros de dessins animés sont aussi des animaux, humanisés évidemment. On les emmène voir les bestiaux et les caresser. Il ne faut pas tirer la queue du chat, ça lui fait mal. Puis on leur demande de finir leur assiette contenant le cadavre d’un copain potentiel…

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Les végétariens adultes sont des personnes qui ne veulent plus cautionner la manipulation dont nous sommes victimes. Sans être tous nécessairement hippies, la grande majorité est tournée vers les autres, aiment la vie et la respectent. Ils choisissent la paix.

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Quelques sportifs vegans : Carl Lewis, Murray Rose, Mac Danzig, Dusan Dudas.

Vous en voulez encore ? Voici 50 célébrités végétariennes, de Nathalie Portman à Léonard de Vinci !

Pour info (ça peut servir !) les végétariens seraient meilleurs au lit ! Je dis ça…  😉

 

Et ensuite

Pour aller plus loin, je vous conseille ce lien ; je ne voulais pas imposer cette vidéo sur le blog, ceux que ça intéresse peuvent visionner ce court-métrage très sympa de Maxime Ginolin (« le jugement« ).

Cette année, le salon vegan parisien VeggieWold a eu lieu début avril au Cent Quatre. Curieuse de nouveautés, j’envisageais cependant de me retrouver au milieu d’une foule de marginaux extrémistes qui me caillasseraient potentiellement à la simple vision de mon sac à main en cuir… Que nenni ! Une fois encore, j’ai eu la preuve que ce monde est doux, ouvert, tolérant. Ce qui me correspond tellement 😉 J’ai découvert beaucoup de choses et discuté avec des personnes passionnantes. Et en plus, comme l’ont remarqué mes acolytes de salon « il n’y a que des beaux chez les vegans ! ». Allez, on s’y retrouve l’année prochaine ?!

Article bonus de Jean-Paul Fritz, extrêmement intéressant et pertinent : Vos petits-enfants ne mangeront plus de viande

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De mon côté, je compte dans un avenir relativement lointain (je ne me suis rien fixé pour le moment, l’idée étant de laisser venir les choses naturellement) renoncer à la consommation de poisson. Pour la « végétarienne » en herbe que je suis, arrêter le poisson serait pour l’instant un peu trop radical. Continuer à en manger (peu) est un bon compromis dans certaines situations. Et puis j’adore les fruits de mer, et c’est bientôt l’été…

Je reste une épicurienne, je fais des excès régulièrement, et je me sens mieux dans mon corps et dans ma tête depuis que je ne mange presque plus d’animaux. Je peux regarder mon chat dans les yeux sans me sentir hypocrite ^^

L’humain est perfectible, c’est ce qui le rend passionnant. Se poser des questions, prendre conscience de sujets qu’on ignorait, tester pour se rendre compte de nos aptitudes à faire de nouvelles choses, c’est tendre vers l’évolution. Et on est tous d’accord, notre objectif commun reste tout simplement un monde meilleur.

Je veux remercier ma cousine Laurette qui m’a doucement ouvert les yeux et a essuyé les plâtres au sein de la famille 😉 Passer après toi a été si facile ! Mention spéciale à mon amie Nariu qui m’a sensibilisée à la cause animale et m’a permis de continuer à avancer dans ma démarche alimentaire, tu es une binôme de choc ! Vous êtes toutes les deux mes petites fées du végétarisme, bienveillantes et chères à mon cœur. 

Et vous, si vous testiez quelques petites recettes végétariennes pour les beaux jours ?

Quelques adresses parisiennes testées et approuvées dans un de nos articles !

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And make peace <3

Bisous

Lilou

3 Comments

  1. lilou

    16/06/2016 at 20:25

    http://vegan-pratique.fr/
    Un super site très bon esprit, plein de bonnes idées, de recettes et d’explications simples et efficaces 😉

  2. lilou

    15/05/2016 at 21:38

    Merci beaucoup mon Bullo, ravie que ça te parle 🙂

    Lyon, ville pilote pour les menus de cantines qui conviennent à tous ?
    http://positivr.fr/cantines-lyon-menu-vegetarien-substitution/

  3. Très complet…bravo ma Lilou….je te suis dans cette démarche et quand j’ai vu que tu as abordé le spécisme…! J’adore !
    Vive le flexitarisme !

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